
En un trimestre, Radhi Jaïdi a inversé des dynamiques que l’on disait installées. Face à Al Ansar, rival historiquement dominateur dans le derby, Al Nejmeh a enchaîné deux succès coup sur coup sous sa direction : 2-1 lors de la première journée de championnat, puis 3-0 le 11 octobre à Abou Dhabi en tournoi amical, avec à la clé la coupe symbolique du Derby du Liban. Dans une rivalité où le poids de l’histoire pèse lourd, signer deux victoires consécutives contre l’ennemi juré change la psychologie du groupe et le regard du public : Al Nejmeh ne subit plus le derby, il l’impose.
Ce basculement s’accompagne d’une trajectoire parfaite en championnat : quatre matchs, quatre victoires. La dernière en date ce jour, un 3-0 maîtrisé contre Bourj FC, porte le total à 12 points, avec 9 buts marqués pour seulement 2 encaissés. Au-delà des chiffres, c’est la signature de Jaïdi qui transparaît : une assise défensive resserrée, un pressing coordonné, des sorties de balle propres et des projections tranchantes qui installent l’équipe dans le camp adverse.
Jaïdi a remis des standards au cœur du projet :
- Exigence sans ballon : bloc compact, distances courtes, gestion des transitions.
- Verticalité maîtrisée : récupération plus haute et attaques rapides quand l’espace s’ouvre.
- Clarté des rôles : couloirs mieux animés, zones de finition mieux occupées.
Arrivé dans le sillage d’un traumatisme — le 6-1 concédé en juillet face à Al Ansar, la plus lourde défaite dans un derby — le technicien tunisien a réécrit le script : deux derbys gagnés d’affilée contre un adversaire historiquement supérieur, puis une série parfaite en championnat. Al Nejmeh est désormais co-leader, mais surtout porteur d’une identité retrouvée : une équipe sûre d’elle, réglée et ambitieuse. La patte Jaïdi n’est plus une promesse, c’est un fait de jeu qui se mesure au tableau d’affichage et se ressent dans chaque rendez-vous majeur.



