
Un anniversaire historique dans un climat de crise
L’Étoile Sportive du Sahel (ESS), fondée le 11 mai 1925, s’apprêtait à célébrer son centenaire en abordant la saison 2025/2026 avec l’ambition de briller à la fois en championnat tunisien et en Coupe de la Confédération Africaine. Pourtant, le club de Sousse vit un début d’exercice catastrophique, marqué par une gouvernance chaotique et des choix sportifs contestables.
Des départs mal gérés et un mercato raté
L’intersaison a été particulièrement douloureuse. Deux des cadres de l’équipe, Firas Chaouat et Oussama Abdi, ont quitté le club : le premier a rejoint le rival, le Club Africain, et le second a pris la direction des Émirats.Plutôt que de chercher à les retenir, le président Zoubair Baya a adopté une communication agressive en critiquant publiquement ses joueurs, privilégiant le discours de la primauté de l’institution sur les individualités. Résultat : aucun effort réel n’a été consenti pour leur remplacement, et l’équipe s’est affaiblie sportivement.
Une présidence à distance et une gouvernance fragile
Élu sans concurrence, Zoubair Baya avait pourtant prévenu les supporters : la saison ne serait pas à la hauteur des attentes. Restant consultant pour Abu Dhabi Sports tout en présidant le club, il a instauré une gouvernance à distance inédite, déléguant une partie de ses prérogatives à Montassar Ammar, ancien responsable du centre de formation.Si ce dernier est reconnu pour son intégrité, il manquait de personnalité pour assumer la lourde tâche du recrutement. Rapidement, une cellule informelle et opaque a pris de l’ampleur, dominée par un agent de joueurs qui a mêlé ses intérêts personnels à ceux du club.
Des recrutements scandaleux
Cette confusion a donné lieu à des arrivées hasardeuses, symbole d’un mercato raté. L’exemple le plus frappant reste celui de l’attaquant Alassane Diao, en provenance d’Azam FC (Tanzanie), présenté comme un renfort offensif mais dont le profil d’ancien lutteur a tourné au ridicule. Seules quelques recrues, comme le Libyen Noor Aldeen Al-Qulaib offre un minimum d’espoir, mais l’ensemble du recrutement manque de cohérence et d’ambition.
Lassaad Dridi, un coach sacrifié
Dans ce climat instable, le coach Lassaad Dridi n’a jamais bénéficié d’un environnement favorable. Recruté sans réel consensus et peu consulté lors du mercato, il a tenté d’imposer un style offensif basé sur la possession, mais son effectif limité n’a pas répondu. Les mauvais résultats se sont accumulés, culminant avec la défaite humiliante à domicile contre le promu JS Kairouan, provoquant son limogeage.Certes, Dridi a pu commettre des erreurs managériales, mais il serait injuste de lui attribuer l’échec global d’un club plongé dans une crise structurelle.
Une institution gangrenée par la mauvaise gouvernance
Le constat est clair : les maux de l’ESS dépassent les choix tactiques. Ils relèvent d’une gouvernance défaillante, minée par des intermédiaires douteux, des recrutements opportunistes et une présidence affaiblie par la distance. Cette situation ternit l’image de Zoubair Baya, pourtant respecté pour sa carrière exemplaire de joueur et son attachement au club.
Qui pour relancer l’Étoile ?
Avec le départ de Dridi, l’ESS doit rapidement trouver un successeur capable de redonner espoir aux supporters. Les noms de Mondher Kebaier, ancien sélectionneur de la Tunisie et déjà passé par Sousse, ainsi que celui de Abderrazek Chebbi, technicien expérimenté ayant entraîné plusieurs clubs en Arabie saoudite, circulent avec insistance.Dans le contexte actuel, le choix du futur entraîneur devra reposer sur trois critères essentiels :
L’acceptation du public étoilé
L’expérience et la personnalité
Une éventuelle appartenance affective au club



