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[EN] : Les notes de la rédaction : Tunisie – Malawi

La Tunisie a dominé le Malawi 2-0, validant sa place de leader du groupe H des éliminatoires du Mondial 2026. Jaziri a ouvert le score et Achouri a doublé la mise sur penalty en fin de match. Dahmen a repoussé un penalty malawite. Avec 16 points, les Aigles de Carthage ont creusé l’écart sur la Namibie (12 pts) et le Liberia (10 pts).

Il convient à présent d’examiner de manière plus détaillée les performances individuelles des joueurs tunisiens, en analysant leurs contributions tout au long de la rencontre.

  • Aymen Dahmen (6.5) : Parmi les grands gagnants de ce rassemblement du mois de mars, il est celui qui a véritablement rassuré le staff technique, affirmant avec conviction son statut de portier n°1 de la sélection. Comme lors du match précédent contre le Libéria, il a été décisif face au Malawi, repoussant un penalty et permettant ainsi à la Tunisie de garder ses cages inviolées pour la deuxième rencontre consécutive. Sa maîtrise dans les prises de balle et ses sorties avec les pieds ont facilité la construction du jeu depuis les bases arrières, offrant à l’équipe une solidité qui ne fait aucun doute. Avec des performances de plus en plus impressionnantes, il a placé la barre haute. Son expérience, notamment celle vécue lors de la Coupe du Monde 2022 où il était titulaire, joue en sa faveur, apportant à la fois un facteur de sécurité et une crédibilité indéniable face à la concurrence. En effet, si Sami Hlel et Abdesslem Hallaoui, gardiens du Stade Tunisien et de l’US Monastir, sont ses principaux challengers, un seul gardien de la ligue tunisienne semble en mesure de vraiment le challenger : Béchir Ben Saïd, de l’Espérance Sportive de Tunis. Toutefois, pour que ce dernier puisse espérer retrouver la sélection, il devra d’abord s’imposer comme un indiscutable au sein de son club.
  • Mahmoud Ghorbel (4.5) : Le latéral droit de l‘US Monastir n’a pas réussi à convaincre lors de ce rassemblement, enchaînant des prestations plutôt décevantes. Il n’a pas su profiter des absences de Yan Valéry et Wajdi Kechrida pour affirmer sa légitimité en sélection. Défensivement en difficulté, il a perdu de nombreux duels, tandis que son apport offensif est resté trop timide et ses centres ont manqué de précision. Sa titularisation face au Malawi, pour la deuxième fois consécutive, semblait donc difficile à justifier. Pour espérer pérenniser sa place en sélection, Ghorbel devra impérativement progresser sur plusieurs aspects de son jeu. La gestion des duels, l’anticipation, la vision de jeu, ainsi que des améliorations techniques sont indispensables. Sans progrès notables dans ces domaines dans les prochaines semaines, il sera difficile de justifier sa présence en sélection, d’autant plus qu’il aurait pu se faire dépasser par un concurrent direct, à savoir Houssem Ben Romdhane, qui a été préféré hors liste lors des deux derniers matchs. Cependant, les circonstances qui lui ont permis de garder sa place jusqu’ici ne seront pas éternelles, et il devra impérativement saisir sa chance dans l’avenir.

  • Montassar Talbi (6) : Le joueur de Lorient a vraiment redressé la barre par rapport à son match précédent contre le Libéria. Dès le début de la rencontre, il a été présent, montrant une hargne et une agressivité qui ont fait la différence. Sa lecture du jeu était excellente, et il a su élever son niveau de jeu tout au long du match. Il a été particulièrement décisif en sauvant sur la ligne un tir qui semblait être un but tout fait pour le Libéria. En prenant les rênes de la défense au fur et à mesure, il a clairement montré qu’il était un leader et un cadre essentiel pour l’équipe.
  • Dylan Broon (6) : Dans la lignée de sa prestation face au Libéria, il a de nouveau assuré l’essentiel contre le Malawi, mettant son expérience au service du collectif. En particulier, il a bien communiqué avec son coéquipier Talbi, formant ainsi une charnière centrale solide. Son match a été rassurant à bien des égards, laissant entrevoir un avenir prometteur en sélection. Bien que la défense tunisienne ait été mise en difficulté à certains moments de la première période, cela relevait davantage d’un problème tactique récurrent et d’une défaillance du côté de son partenaire Ghorbel, positionné sur le flanc droit de la défense, plutôt que de sa propre responsabilité.

  • Ali Abdi (6) : Fidèle à lui-même, le latéral gauche de l’OGC Nice continue d’enchaîner les performances de haut niveau sous le maillot tunisien. Indispensable dans l’animation offensive des Aigles de Carthage, il s’illustre par son influence constante sur la physionomie des rencontres. Après avoir délivré une passe décisive face au Libéria, il a de nouveau pesé offensivement contre le Malawi, obtenant le penalty transformé par Elias Achouri pour sceller la victoire (2-0). Au fil des mois, Abdi a pris une nouvelle dimension en sélection, s’affirmant non seulement comme un pilier sur le terrain, mais aussi comme un leader respecté dans le vestiaire. Son parcours incarne une leçon d’abnégation, de professionnalisme et de rigueur, un modèle pour les joueurs locaux aspirant à s’exporter pour se confronter au haut niveau. Toutefois, si son apport offensif est indéniable, quelques ajustements demeurent nécessaires sur le plan défensif. Son repli tardif l’a parfois mis en difficulté, une situation qui peut s’expliquer par plusieurs facteurs : des consignes tactiques spécifiques, le placement des défenseurs centraux, ou encore le rôle des milieux chargés de couvrir ses projections vers l’avant. Avec des ajustements adéquats, la Tunisie pourrait se targuer de posséder l’un des latéraux les plus complets du continent africain, capable de faire la différence dans les grandes échéances. Un atout de poids pour une sélection longtemps en quête de joueurs alliant talent, constance et dévouement au collectif.
  • Aïssa Laidouni (5.5) : Aïssa Laïdouni s’est illustré par une activité incessante dans l’entrejeu, multipliant les efforts et les interceptions. Seul à la récupération, il a assumé un rôle ingrat, celui du « porteur d’eau », d’autant plus que son coéquipier Anis Ben Slimane ne lui a apporté aucun soutien défensif. Toutefois, si son abattage physique et sa disponibilité n’ont pas été à remettre en cause, son utilisation du ballon a laissé à désirer. Son jeu, souvent trop latéral et imprécis vers l’avant, a manqué de justesse technique, ce qui est regrettable face à une opposition relativement modeste. Un milieu défensif moderne ne peut plus se limiter à un rôle de simple ratisseur de ballons. Il est aujourd’hui une pièce maîtresse dans la construction du jeu, la première rampe de lancement des offensives. Or, avec un profil aussi unidimensionnel et sans progression dans ce domaine, la Tunisie risque de s’enliser dans un jeu stéréotypé, fade et prévisible. C’est là qu’intervient la nécessité d’une concurrence saine, capable de bousculer les hiérarchies établies. Malheureusement, aucun sélectionneur n’a encore eu le courage de remettre en question certains statuts. Pourtant, des alternatives existent. Prenons l’exemple de Mohamed Haj Mahmoud, milieu défensif du FC Lugano, qui brille en Suisse et sur la scène européenne. Avec 41 matchs disputés cette saison et 10 buts inscrits une performance remarquable pour un joueur de son poste il illustre parfaitement ce que devrait être un milieu moderne : un joueur capable de conjuguer volume de jeu, récupération et contribution offensive. C’est précisément ce profil polyvalent, plus adapté aux exigences du football actuel, dont la sélection tunisienne a besoin. Il est impératif que les choix du staff technique ne reposent plus uniquement sur les noms ou le passé des joueurs, mais bien sur la constance, la performance et le mérite. Oser renouveler l’effectif en privilégiant la dynamique du moment plutôt que les statuts figés est la clé pour espérer voir une équipe plus compétitive et ambitieuse.

  • Anis Ben Slimane (4.5) : Anis Ben Slimane, pensionnaire de Norwich, a traversé une rencontre compliquée face au Malawi à Radès. Transparent dans le jeu comme à la récupération, il n’a jamais réussi à trouver ses repères sur le terrain. Malgré son expérience internationale et le fait qu’il évolue en Championship, un championnat compétitif en Europe, il n’a à aucun moment su élever son niveau pour peser sur la rencontre. Certes, des explications tactiques peuvent être avancées, notamment son positionnement trop avancé sur le terrain, alors qu’il occupe en club un rôle plus reculé, en tant que milieu relayeur (n°8). Toutefois, ce seul facteur ne saurait justifier son manque d’empreinte et d’impact dans le jeu, d’autant plus que l’opposition n’était pas d’un niveau particulièrement élevé. C’est donc une prestation à revoir pour Ben Slimane. Bien qu’il ne soit pas le seul responsable de ce match en demi-teinte, son sélectionneur, Sami Trabelsi, devrait accorder davantage d’attention aux postes de prédilection de ses joueurs avant de les aligner. Une meilleure gestion des profils et des ajustements tactiques plus réfléchis pourraient éviter ce type de contre-performance à l’avenir.
  • Hannibal Mejbri (6) : Le principal enseignement de ce rassemblement du mois de mars pour Hannibal Mejbri est indéniablement sa progression, tant sur le plan psychologique que tactique. Le jeune milieu de terrain de Burnley semble avoir gagné en maturité, laissant derrière lui l’image d’un joueur parfois trop nerveux. Cette évolution se perçoit non seulement à travers son langage corporel, plus apaisé et maîtrisé, mais aussi dans ses performances sur le terrain. Face au Malawi, il s’est affirmé comme l’un des meilleurs joueurs du match, voire le meilleur. Son volume physique conséquent lui permet de couvrir une large zone, multipliant les courses et se rendant constamment disponible pour ses coéquipiers. À l’opposé d’un joueur statique, il crée des solutions, se bat sur chaque ballon avec une réussite certes contrastée, mais qui témoigne d’une prise de conscience de son potentiel. Cette évolution ne peut être que bénéfique pour la sélection tunisienne. Très mobile, il a touché un grand nombre de ballons dans l’entrejeu, preuve de sa volonté d’apporter du mouvement et de dynamiser la circulation du jeu. Son taux de passes réussies est honorable, bien que certaines de ses transmissions restent prudentes, souvent latérales ou vers l’arrière. Toutefois, réduire sa prestation à cela serait injuste : en seconde période, il a notamment délivré une passe décisive entre les lignes, qui aurait pu se transformer en but sans un manque de réalisme d’Elias Achouri. Globalement, sa prestation fut bonne et encourageante. Il lui appartient désormais de faire preuve de régularité, d’assumer ses responsabilités et de chercher à hausser continuellement son niveau de jeu – un objectif qu’il a, dans l’ensemble, réussi à atteindre lors de cette rencontre.
  • Naïm Sliti (4.5) : Reconduit dans le onze de départ face au Malawi, son positionnement en ailier droit annonçait déjà une performance délicate, et le terrain n’a fait que le confirmer. Peu inspiré sur son couloir, il a trop porté le ballon, freinant le jeu collectif par un manque d’altruisme et un déficit physique limitant son impact offensif. Son match fut, à bien des égards, décevant. Toutefois, un léger mieux s’est fait sentir lorsqu’il a glissé dans l’axe, laissant le flanc droit à Sayfallah Ltaief. Plus en vue, il a cherché à créer du danger et s’est même procuré une occasion nette, seul face au gardien, mais sa frappe trop axiale a illustré ses limites actuelles : l’envie est là, mais le corps ne suit plus à 32 ans et en évoluant au Qatar. Sa titularisation interroge, tout comme son temps de jeu conséquent alors que des alternatives crédibles existaient sur le banc, à l’image d’Elias Saad, Sayfallah Ltaief ou Hamza Khadhraoui. L’expérience est précieuse, mais sans la condition physique adéquate, elle devient une voiture bonne pour la fourrière.

  • Elias Achouri (5.5) : Très attendu pour son retour en sélection après une absence sous l’ère Benzarti, le joueur du FC Copenhague a retrouvé le groupe sous Sami Trabelsi avec une prestation sans éclat, mais appliquée. Sans être éblouissant, il a assuré l’essentiel. Actif sur l’aile gauche, il a su combiner avec Abdi et Mejbri, apportant une touche de créativité qui manquait jusque-là à l’animation offensive. Capable de bien mieux, il serait précieux pour la Tunisie de retrouver le feu follet qu’il était à Viborg, capable d’étirer le jeu comme de percuter et conclure les actions avec justesse. Malgré tout, son influence fut notable : à l’origine du centre dévié sur l’ouverture du score de Jaziri, il s’est aussi chargé de transformer le penalty obtenu par Abdi. Un retour encourageant, mais encore perfectible.

  • Hazem Mastouri (4.5) : Face au Malawi, l’avant-centre de l’US Monastir est passé à côté de son match. Trop isolé, peu alimenté en ballons et mal entouré, notamment par Sliti, il a été rendu quasi invisible sur le terrain. Une situation inquiétante, d’autant plus que l’adversité était modeste et que la Tunisie évoluait à domicile. Si Mastouri avait marqué des points au Liberia en inscrivant le but de la victoire, sa prestation à Radès est à revoir. Son placement, son jeu dos au but pourtant l’une de ses forces ou encore son jeu aérien auraient pu lui permettre de peser davantage, même sans marquer. Mais il est apparu dépassé, affichant quelques lacunes techniques problématiques dans les matchs à enjeu. Ce rassemblement reste néanmoins globalement positif avec un but en deux rencontres, mais au-delà des statistiques, il devra gommer certaines imperfections s’il veut s’imposer durablement en attaque.
  • Seifedinne Jaziri (6.5) : Il a sans doute inscrit l’un des buts les plus précieux dans la quête de qualification pour la Coupe du Monde 2026. En véritable renard des surfaces, il a ajusté le gardien d’une tête rageuse, rappelant que malgré les critiques, l’avant-centre d’Al Zamalek reste un joueur expérimenté capable d’apporter à la sélection. Il a parfaitement répondu aux attentes en entrant dans un contexte défavorable, sous une pression considérable, avec la mission de débloquer le score dans un match décisif à domicile. Ce but ne fera pourtant pas taire ses détracteurs. Seule la régularité permettra à Jaziri, comme à Mastouri, Chaouat et aux autres concurrents à ce poste absents lors de ce rassemblement, à l’image de Achraf Jabri et Youssef Snana de s’imposer durablement dans le onze. Être décisif, influent dans le jeu et s’adapter aux exigences tactiques restent des critères déterminants. À ce stade, aucune certitude ne se dégage encore en attaque. Certains éléments brillent par intermittence, mais cela demeure insuffisant, sans doute en raison d’un style de jeu collectif ne facilitant pas l’épanouissement d’un avant-centre de métier.

Safsaf

Passionné par le football tunisien, mes équipes favorites sont l'Espérance Sportive de Tunis et l'Espérance Sportive de Zarzis. J'ai découvert Tunisie-Foot en 2010, la référence du Football Tunisien depuis 1998 !

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